Huile d'olive AOP en Italie : terre de typicité
L'Italie a une botte secrète : personne ne multiplie les appellations d'huile d'olive comme elle. Mais attention à l'image d'Épinal, le vrai sujet, ici, ce n'est pas la quantité, c'est la capacité à transformer un patchwork de terroirs en filière rentable.
Beaucoup de labels, une valeur qui grimpe
Le pays compte 50 dénominations d'huile d'olive (42 DOP et 8 IGP) — un record européen sans conteste. En 2024, cette mosaïque a produit 16 190 tonnes d'huile certifiée, pour une valeur à la consommation de 258 millions d'euros en 2024 dont 102 millions à l’export. Rien que ça.
Dans l'univers, plus large, des indications géographiques agroalimentaires italiennes, l'huile d'olive ne pèse cependant que 2 % de la valeur à la production comme à l'export. La filière fromagère et charcutière du pays n'a manifestement rien à craindre pour l'instant !
Derrière ces chiffres, une réalité économique bien concrète : 25 223 opérateurs, 2360 transformateurs et 106 441 emplois vivent de cette filière.
Et parmi les 50 appellations, deux font clairement la loi : Terra di Bari DOP et Toscano IGP représentent à elles seules plus de 56 % de la valeur totale du secteur.
Autrement dit, les 48 autres appellations se partagent moins de la moitié du gâteau, un air de déjà-vu par rapport à l'Espagne et ses trois DOP dominantes.
Portrait robot d'une exploitation AOP
Les exploitations oléicoles sous appellation ne ressemblent pas franchement à la moyenne nationale.
Leur surface agricole utile atteint 23,5 hectares, supérieure à la moyenne du pays. Elles affichent surtout un goût prononcé pour le bio : 29,1 % des exploitations sont certifiées biologiques, contre seulement 7,6 % en moyenne nationale.
Ces exploitations misent aussi sur l'avenir : 22,9 % ont réalisé des investissements innovants entre 2018 et 2020, et 68,2 % cultivent une activité annexe (agritourisme, ferme pédagogique, agriculture sociale). Quant aux exploitants eux-mêmes, ils sont globalement plus jeunes, majoritairement des hommes, et mieux formés à l'agronomie que la moyenne du secteur agricole italien. Bref, l'oléiculture AOP italienne a plutôt le profil d'une filière qui se projette dans le futur que celui d'une tradition figée.
Un tour d'Italie région par région
La Toscane reste la région la plus valorisée avec 187 millions d'euros.
La Sicile (139 millions d'euros, +27,8 %) et les Pouilles (112 millions d'euros, +57,3 %) affichent une belle dynamique nettement.
Plus modestes en volume : la Calabre (32 millions d'euros, +19,3 %), la Ligurie (31 millions d'euros, +29,3 %) et l'Ombrie (42 millions d'euros, -2,4 %) complètent ce tour d'horizon.
- 42 huiles d'olive dont Alto Crotonese, Aprutino Pescarese, Brisighella, Bruzio, Canino, Cartoceto, Chianti Classico, Cilento, Collina di Brindisi, Colline di Romagna, Colline Pontine, Colline Salernitane, Colline Teatine, Dauno, Garda, Irpinia – Colline dell'Ufita, Laghi Lombardi, Lametia, Lucca, Molise, Monte Etna, Monti Iblei, Penisola Sorrentina, Pretuziano delle Colline Teramane, Riviera Ligure, Sabina, Sardegna, Seggiano, Tergeste, Terre di Bari, Terre d'Otranto, Terre Aurunche, Terre di Siena, Terre Tarentine, Tuscia, Umbria, Val di Mazara, Valdemone, Valle del Belice, Valli Trapanesi, Veneto, Vulture
- 5 olives : Nocellara del Belice, Oliva Ascolana del Piceno, La Bella della Daunia (Bella di Cerignola), Oliva di Gaeta, Oliva Taggiasca